Psychiatrie
  • 5 octobre 2016
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Caméras I

Pas besoin de caméra pour que des enfants aient le sentiment qu’il y en ait. Le déclenchement automatique des lumières à chaque passage dans les couloirs de l’institution ou encore le clignotement des détecteurs de fumée de forme globulaire disposés au plafond des bureaux ne les laissent pas indifférents. Ils sont surpris, s’y arrêtent. « C’est une caméra ? » La question parfois posée dit quelque chose d’un point, incarné dans ces objets, d’où ils sont regardés. Ils doivent composer avec ces objets. Certains poursuivent leur chemin mais les regardent toujours un peu du coin de l’œil, d’autres usent de la parole et tentent une explication à cette présence qui tout à coup a fait irruption.

Caméras II

Dialogue surprenant – aussi paradoxal que logique – entre un détenu et un psychanalyste dans une prison :

« Il serait bien que, d’une fois pour toutes, ils installent des caméras partout dans cette prison.

— Ah, bon ?

— Oui.

— Et pourquoi ?

— Comme ça on saura où elles sont. Et on pourra savoir d’où ils nous regardent. Je préfère ça à qu’elles soient cachées partout comme c’est le cas actuellement. Dans ma cellule, je cherche, je cherche et je n’arrive pas à la trouver. Si on les place partout et à la vue de tous on pourra les regarder et les insulter à notre tour. »